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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 18:45

drapeau_francais.gif  Il paraît que l’Histoire (contrairement au facteur, qui, lui, c'est connu, sonne toujours deux fois …) ne repasse jamais les mêmes plats. Soit. Elle ne se répète donc pas. Mais, parfois, elle bégaye drôlement !

 

Car, en effet, l’humain est, selon la « sagesse populaire », le seul animal qui butte deux fois sur le même caillou. J’en veux pour preuve l’apparition relativement récente de cette nouvelle «discipline » qu’on tente de nous « vendre » : la neuro-psychanalyse. Mais revenons d’abord quelques siècles en arrière…

Au moyen-âge, à l’époque de la théologie triomphante et de la science sous tutelle de la Bible, l’existence de l’âme ne faisait pas plus de doute que celle du corps (et encore ! s’il fallait absolument douter de quelque chose, c'était plutôt de celui-ci, souvenez-vous du fameux : cogito ergo sum). Mais avec les progrès de la science, bien qu’à l’époque limités essentiellement au seul domaine de la physique, les gardiens du dogme ont tout de même ressenti le besoin d’essayer d’étayer leurs conceptions avec l’appui de la nouvelle méthode expérimentale puisque elle semblait gagner des galons de noblesse chez les hommes instruits. Ainsi naquît ce que, au prix d’un anachronisme, on pourrait appeler la « théologie expérimentale ».  Puisqu’il fallait désormais à ces mécréants des preuves matérielles de l’existence de l’âme, et bien, on allait les leur donner, qu’à cela ne tienne !  Et, en effet, un « protocole » expérimental fut mis en place pour "démontrer" empiriquement l’existence de l’âme via l’établissement précis et rigoureux de … son poids !  Pour cela, on pesait systématiquement les agonisants et les mourants juste avant qu’ils ne « rendent l’âme » (preuve que le « langage ordinaire » véhicule bel et bien les conceptualisations en vogue à une époque donnée ; mais cela tout le monde l’accepte de nos jours...) et on les pesait à nouveau juste après le constat de leur décès. Et on pouvait observer, de façon fiable, publique et reproductible (les exigences propres à la science, n'est-ce pas?) une différence négative de 21 grammes (voir l’excellent film d’Alejandro González Inárritu avec, excusez du peu : Sean Penn, Benicio Del Toro et Naomi Watts) qui ne pouvaient donc correspondre à rien d’autre qu’au poids de l’âme qui avait quitté son enveloppe corporelle. Outre la contradiction absolue (qui, apparemment ne dérangeait nullement les administrateurs de cette « preuve ») de vouloir attribuer un poids (attribut des corps matériels) à l’âme (entité spirituelle et, donc, non matérielle), on sait depuis longtemps que cette différence, réelle, s’explique très bien par des mécanismes strictement biologiques et ne constitue donc en rien la preuve de l’existence de l’âme.

Mais les tentatives d’embrigader la science, d’abord brocardée puis appelée à la rescousse pour cause de perte de crédibilité, ne s’est pas arrêtée là, bien au contraire. Rappelons-nous, sans aller plus loin, comment le bon vieux créationnisme, face aux assauts des scientifiques, a fait appel à la théorie « scientifique » du dessein intelligent (que le biologiste britannique Richard Dawkins désigne même sous le nom de "créationnisme affublé d'un costume bon marché") pour essayer de séduire les personnes un peu plus instruites… Et, dans le domaine qui nous concerne (ouf ! on y arrive enfin !) voilà l'invention de la neuro-psychanalyse.

À l’époque de la psychanalyse triomphante, et malgré la formation initiale en neurologie de son fondateur, il était de bon ton de proclamer que l’approche freudienne n’avait en aucun cas à se plier aux « diktats » de la science, qu’elle ouvrait même l’ère d’une nouvelle conception « scientifique » des phénomènes psychiques et que le divan surclassait royalement le microscope. Mais voici venu le temps des rapports de l’Inserm, du Livre Noir de la psychanalyse, de la « déconversion » de Michel Onfray, des recommandations de la HAS, du documentaire « Le mur », des dépôts de projet de loi du député Fasquelle, du troisième plan Autisme, du manifeste du KOllectif du 7 janvier et autres suppôts de Satan (j’en passe et des pires). Alors, on reprend la bonne vieille recette moyenâgeuse et d’un coup de baguette magique (symbole phallique s’il en est !) on vous sort du chapeau le lapin de la « neuro-psychanalyse » pour faire sérieux. Et hop, le tour est joué !

Parmi les premiers à dénoncer ce « faux-nez », Laurent Vercueil avait déjà rédigé un excellent papier paru dans le Hors-série de la revue Science et pseudo-sciences consacré à la psychanalyse (vous pouvez consulter l’ensemble de ce numéro spécial en cliquant ici). Je vous invite à lire cet article, dont le titre est, précisément : « La neuropsychanalyse, un « faux-nez » pour la psychanalyse ? en cliquant ici. Je vous recommande également d'aller sur son blog consacré à la question.

Très récemment, un de mes « acolytes » du KO7J, Frank Ramus, dont j’ai déjà diffusé d’autres excellentes collaborations (voir ici, et aussi ici) a également écrit un très chouette texte, très documenté, sur le sujet  sous le titre : Quel est l'intérêt de la neuropsychanalyse? Vous pouvez le lire en cliquant ici.

drapeau_uk.gif Version anglaise ICI : What’s the point of neuropsychoanalysis?

Théologie expérimentale, dessein intelligent et neuro-psychanalyse, même combat ? Même arnaque intellectuelle ? Même tentative, désespérée et titanesque, de se maintenir à flot avant le naufrage annoncé ? Même destin (les oubliettes de l’histoire) que des légions de concepts, tel le phlogistique cher aux alchimistes (aussi populaire et incontournable à l’époque que le complexe d’Œdipe au XXème siècle) qui, après avoir trôné de façon incontesté pendant des siècles, n’évoque plus rien (késako?) pour la plupart de nos concitoyens à l’heure actuelle ?

À quand « késako, la psychanalyse » ?

 

 

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Published by Esteve Freixa i Baqué - dans Articles "invités"
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commentaires

Christophe 06/09/2013 10:24


Toujours combattif, à ce que je vois!


Il est bon de rappeler que Freud fut un neurologue raté, qu'il aurait adoré prouver ses hypothèses sur le plan matériel (preuve: son esquisse), et que c'est faute d'avoir pu le faire, qu'il a
monté une secte totalitaire, comme le montrent excellement Shamdasani et Borch-Jakkobsen. 


Sur Descartes et son cogito, je crois qu'il s'agit surtout d'un point logique: il y a certains énoncés qui se prouvent eux-mêmes, comme "je pense", cela ne me semble pas manger de pain (béni) dés
lors que le béhaviorisme logique nous a montré comment comprendre honnêtement ce vocabulaire mentaliste.


Merci encore.

Esteve Freixa i Baqué 06/09/2013 10:48



De rien...