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Tout le mérite de cet article revient au premier auteur, Céline Lamare. Je n'ai été que l'intigateur et le directeur de recherche (ce qui ne veut absolument pas dire que je m'en désolidarise, bien au contraire! Le choix du mot "instigateur" est parfaitement lucide).
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Il s'agit d'un travail colossal réalisé par Céline Lamare à propos de cette affaire qui, outre beaucoup de souffrance, provoca une prise de conscience sur les dysfonctionnements de la justice en général et des expertises "psy" en particulier. Céline réussit le tour de force de compiler la presque totalité de ce que la presse française (du moins, les grands journaux et hebdomadaires) avait publié sur la question (environ 900 pages d'annexes!). Elle avait, en effet, pris contact avec les principaux journalistes couvrant l'affaire, avec des avocats et magistrats, se rendit à des audiences au Palais de Justice, visionna de nombreuses émissions de télévision et, forte de tous ces renseignements, rédigea enfin une synthèse chronologique accompagnée de son analyse minutieuse.
Je publie ici l'ensemble de ce matériel. Bien entendu, vous n'êtes pas obligés de lire toutes les annexes. La synthèse, quant à elle, ne prend pas plus de place (et, donc, de temps de lecture) que d'autres travaux qui figurent sur ce blog. Elle figure en tête. Mais il m'a semblé outile de réunir et de rendre disponible, pour ceux qui voudraient l'approfondir, la totalité des documents compilés sur l'affaire.
lire le document (attention, ça peut être long!)
lire l'article du Monde sur les experts psy
lire le commentaire de Borch-Jacobsen sur les experts psy
lire ma lettre aux journalistes sur la formation des experts psy
lire une proposition de réforme des expertises psy, par Jean-Pierre Bouchard
Pour ceux qui ne sont pas abonnés au Figaro et qui n'ont pu lire l'épilogue en entier, en voici la transcription:
France | Par Stéphane Durand-Souffland
Mis à jour le 30/11/2015 à 18h57 | Publié le 30/11/2015 à 18h46
Le militantisme de Marie-Christine Gryson-Dejenhansart avait été pointé du doigt.
La psychologue Marie-Christine Gryson-Dejenhansart, qui s'était illustrée par ses prises de position controversées dans l'affaire d'Outreau, ne sera plus expert près la cour d'appel de Douai à partir de l'an prochain. L'assemblée générale des magistrats compétente en la matière a, selon nos informations, émis le 18 novembre dernier un avis défavorable à son maintien sur la liste des praticiens agréés, sur laquelle elle figurait depuis 1989. Elle peut cependant former un pourvoi devant la Cour de cassation.
Cette éviction est la conséquence directe d'un courrier en date du 7 juillet 2015, adressé à la procureure générale de Douai, Marie-Suzanne Le Quéau, par son homologue de Rennes, Véronique Malbec. Dans cette lettre, que Le Figaro a pu consulter, la magistrate rennaise rappelait que Mme Gryson, - auteur d'un livre sur l'affaire, La Vérité abusée-, avait été citée comme témoin au procès de Daniel Legrand, qui s'était achevé parl'acquittement du prévenu le 5 juin dernier. Et pointe les liens «plutôt étroits» entre Marie-Christine Gryson et plusieurs blogueurs, auteurs et journalistes dont le combat consiste à mettre en doute, de manière insidieuse, l'innocence des treize hommes et femmes acquittés dans l'affaire d'Outreau - quatre personnes ont été définitivement condamnées en 2004.
«Cette démarche militante (...) trahit un manque d'objectivité, d'impartialité, de neutralité, qu'on doit pourtant exiger d'un expert judiciaire. »
Véronique Malbec, procureure générale de Rennes
Ces révisionnistes judiciaires se sont montrés particulièrement acharnés lors du troisième procès de Daniel Legrand, celui-ci représentant pour eux l'ultime chance de semer le doute sur les acquittés à travers le plus jeune d'entre eux . Encore eût-il fallu qu'il fût condamné. Or, à l'issue des débats, l'avocat général avait lui-même requis l'acquittement. La cour et les jurés l'ont suivi.
Mme Malbec poursuit: «Il ressort de l'ensemble des interventions écrites, anciennes et contemporaines de Marie-Christine Gryson, une remise en cause véhémente d'experts judiciaires, d'universitaires, ainsi qu'une critique systématique des décisions d'acquittement rendues par différentes cours d'assises. Cette démarche militante (...) trahit un manque d'objectivité, d'impartialité, de neutralité, qu'on doit pourtant exiger d'un expert judiciaire.»
Marie-Christine Gryson avait été chargée par le juge Fabrice Burgaud d'expertiser plusieurs des très nombreux enfants qui prétendaient avoir subi des crimes pédophiles dans la banlieue de Boulogne-sur-Mer entre 1997 et 2000. Elle avait affirmé qu'aucun ne mentait - douze seront finalement reconnus comme victimes. Mais sa déposition, lors du premier procès, à Saint-Omer, avait tourné à la déroute, la défense stigmatisant ses approximations et son parti pris. Au point que le président avait dû, dans l'urgence, désigner un nouveau collège d'experts pour revoir les enfants concernés. Sollicitée lundi par Le Figaro, Marie-Christine Gryson déclare ne pas encore avoir été informée de la décision de la cour d'appel, même si elle «s'y attendai(t)». «Après 26 années de bons et loyaux services, je n'étais pas certaine de demander mon renouvellement», affirme-t-elle.