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 Ce site est le "blog" d'EFB. Vous y trouverez des articles, des cours, des liens, des nouvelles, des documents divers mis à votre disposition. En échange, je suis preneur de vos commentaires...

 

  Aquesta plana és el "blog" de n'Esteve. Hi trobareu articles, classes, adreces, noticies, documents diversos dels que podreu disposar. En contrapartida, m'agradaria rebre'n els vostres comentaris...

 

 Esta página es el "blog" de Esteve. En ella encontrareis artículos, clases, direcciones, notícias, documentos diversos puestos a vuestra disposición. A cambio, os agradecería que me mandaseis
vuestros comentarios al respecto...

29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 12:30

drapeau_francais.gif  Un très joli texte, très pédagogique, de deux collègues québécois, que je vous recommande vivement.

 

Lire le texte

 

Comme il fallait s'y attendre, il y a eu une réaction de la part des psychanalystes à cet article. La voici.

Et voici également la très détaillée réponse des auteurs, qui reconnaissent  être "conscients que'un texte aussi long n'en favorise guère la lecture. Mais démontrer s'avère toujours plus long que simplement affirmer". 

Affaire à suivre...

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Published by Esteve Freixa i Baqué - dans Articles "invités"
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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 07:29

drapeau_francais.gif  Chères et chers fidèles « followers » (si, si ; j’en ai quelques-uns…) J’ai décidé désormais d’honorer cette rubrique de façon régulière, 4 fois par an, au moment du changement de saison (c’est connu : plus on vieillit et plus on fonctionne avec des habitudes, des rites, des repères). Voici donc la livraison d’automne 2013. Tout comme les impôts, où l’on paye une année sur les revenus de l’année précédente, cette suite porte donc sur la période estivale qui s’est achevée hier. Bonne lecture automnale…

 

LIRE ICI   (au fait, il y a une erreur dans le tout dernier aphorisme. Il faut lire: "Le sucre est le sel de la vie." Mes excuses...) Et encore une autre: j'ai parlé de Théodore Roosevelt alors qu'il s'agissait de Franklin Rooselvet. Où avais-je la tête? Mais je suis sûr que vous auriez rectifié de vous-même...

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Published by Esteve Freixa i Baqué - dans Réflexions
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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 07:39

drapeau_francais.gif   Vienne, 1938. Freud refuse d'emmener ses sœurs en Angleterre. Elles périront toutes dans un camp nazi. Alors qu'on lui délivre des visas pour l'Angleterre, Freud est autorisé à soumettre une liste de vingt personnes à emmener avec lui. Comment a-t-il pu refuser d'inscrire les noms de ses soeurs, Rosa, Marie, Adolfina et Paula sur cette liste où figurent son médecin, la famille de ce dernier, ses infirmières, ses servantes, sa belle-soeur... et même son chien?

Les faits sont avérés. On les retrouve dans les biographies de Freud. Mais son départ pour Londres, où il terminera ses jours dans une confortable demeure, et la mort en déportation de ses quatre soeurs ne sont jamais mis en relation.

 C'est cet épisode tragique et méconnu de la vie du père de la psychanalyse que raconte Goce Smilevski dans un roman fascinant, La liste de Freud (Belfond).

Lire la suite

 


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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 18:45

drapeau_francais.gif  Il paraît que l’Histoire (contrairement au facteur, qui, lui, c'est connu, sonne toujours deux fois …) ne repasse jamais les mêmes plats. Soit. Elle ne se répète donc pas. Mais, parfois, elle bégaye drôlement !

 

Car, en effet, l’humain est, selon la « sagesse populaire », le seul animal qui butte deux fois sur le même caillou. J’en veux pour preuve l’apparition relativement récente de cette nouvelle «discipline » qu’on tente de nous « vendre » : la neuro-psychanalyse. Mais revenons d’abord quelques siècles en arrière…

Au moyen-âge, à l’époque de la théologie triomphante et de la science sous tutelle de la Bible, l’existence de l’âme ne faisait pas plus de doute que celle du corps (et encore ! s’il fallait absolument douter de quelque chose, c'était plutôt de celui-ci, souvenez-vous du fameux : cogito ergo sum). Mais avec les progrès de la science, bien qu’à l’époque limités essentiellement au seul domaine de la physique, les gardiens du dogme ont tout de même ressenti le besoin d’essayer d’étayer leurs conceptions avec l’appui de la nouvelle méthode expérimentale puisque elle semblait gagner des galons de noblesse chez les hommes instruits. Ainsi naquît ce que, au prix d’un anachronisme, on pourrait appeler la « théologie expérimentale ».  Puisqu’il fallait désormais à ces mécréants des preuves matérielles de l’existence de l’âme, et bien, on allait les leur donner, qu’à cela ne tienne !  Et, en effet, un « protocole » expérimental fut mis en place pour "démontrer" empiriquement l’existence de l’âme via l’établissement précis et rigoureux de … son poids !  Pour cela, on pesait systématiquement les agonisants et les mourants juste avant qu’ils ne « rendent l’âme » (preuve que le « langage ordinaire » véhicule bel et bien les conceptualisations en vogue à une époque donnée ; mais cela tout le monde l’accepte de nos jours...) et on les pesait à nouveau juste après le constat de leur décès. Et on pouvait observer, de façon fiable, publique et reproductible (les exigences propres à la science, n'est-ce pas?) une différence négative de 21 grammes (voir l’excellent film d’Alejandro González Inárritu avec, excusez du peu : Sean Penn, Benicio Del Toro et Naomi Watts) qui ne pouvaient donc correspondre à rien d’autre qu’au poids de l’âme qui avait quitté son enveloppe corporelle. Outre la contradiction absolue (qui, apparemment ne dérangeait nullement les administrateurs de cette « preuve ») de vouloir attribuer un poids (attribut des corps matériels) à l’âme (entité spirituelle et, donc, non matérielle), on sait depuis longtemps que cette différence, réelle, s’explique très bien par des mécanismes strictement biologiques et ne constitue donc en rien la preuve de l’existence de l’âme.

Mais les tentatives d’embrigader la science, d’abord brocardée puis appelée à la rescousse pour cause de perte de crédibilité, ne s’est pas arrêtée là, bien au contraire. Rappelons-nous, sans aller plus loin, comment le bon vieux créationnisme, face aux assauts des scientifiques, a fait appel à la théorie « scientifique » du dessein intelligent (que le biologiste britannique Richard Dawkins désigne même sous le nom de "créationnisme affublé d'un costume bon marché") pour essayer de séduire les personnes un peu plus instruites… Et, dans le domaine qui nous concerne (ouf ! on y arrive enfin !) voilà l'invention de la neuro-psychanalyse.

À l’époque de la psychanalyse triomphante, et malgré la formation initiale en neurologie de son fondateur, il était de bon ton de proclamer que l’approche freudienne n’avait en aucun cas à se plier aux « diktats » de la science, qu’elle ouvrait même l’ère d’une nouvelle conception « scientifique » des phénomènes psychiques et que le divan surclassait royalement le microscope. Mais voici venu le temps des rapports de l’Inserm, du Livre Noir de la psychanalyse, de la « déconversion » de Michel Onfray, des recommandations de la HAS, du documentaire « Le mur », des dépôts de projet de loi du député Fasquelle, du troisième plan Autisme, du manifeste du KOllectif du 7 janvier et autres suppôts de Satan (j’en passe et des pires). Alors, on reprend la bonne vieille recette moyenâgeuse et d’un coup de baguette magique (symbole phallique s’il en est !) on vous sort du chapeau le lapin de la « neuro-psychanalyse » pour faire sérieux. Et hop, le tour est joué !

Parmi les premiers à dénoncer ce « faux-nez », Laurent Vercueil avait déjà rédigé un excellent papier paru dans le Hors-série de la revue Science et pseudo-sciences consacré à la psychanalyse (vous pouvez consulter l’ensemble de ce numéro spécial en cliquant ici). Je vous invite à lire cet article, dont le titre est, précisément : « La neuropsychanalyse, un « faux-nez » pour la psychanalyse ? en cliquant ici. Je vous recommande également d'aller sur son blog consacré à la question.

Très récemment, un de mes « acolytes » du KO7J, Frank Ramus, dont j’ai déjà diffusé d’autres excellentes collaborations (voir ici, et aussi ici) a également écrit un très chouette texte, très documenté, sur le sujet  sous le titre : Quel est l'intérêt de la neuropsychanalyse? Vous pouvez le lire en cliquant ici.

drapeau_uk.gif Version anglaise ICI : What’s the point of neuropsychoanalysis?

Théologie expérimentale, dessein intelligent et neuro-psychanalyse, même combat ? Même arnaque intellectuelle ? Même tentative, désespérée et titanesque, de se maintenir à flot avant le naufrage annoncé ? Même destin (les oubliettes de l’histoire) que des légions de concepts, tel le phlogistique cher aux alchimistes (aussi populaire et incontournable à l’époque que le complexe d’Œdipe au XXème siècle) qui, après avoir trôné de façon incontesté pendant des siècles, n’évoque plus rien (késako?) pour la plupart de nos concitoyens à l’heure actuelle ?

À quand « késako, la psychanalyse » ?

 

 

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 12:46

drapeau_francais.gif  L’un de mes anciens profs de Barcelone (bien qu’il n’ait qu’à peine deux ans de plus que moi) que je considère, avec Ramón Bayés, Lluís García i Sevilla et Adriana Garau, mon maître tout en étant devenu un ami très proche malgré les kilomètres qui nous séparent depuis près de 40 ans, est le Professeur Adolf Tobeña i Pallarés, titulaire de la chaire de Psychiatrie et Psychologie médicale de l’Université Autonome de Barcelone.

 

Homme d’une culture encyclopédique, qui, privilège d’insomniaque, se tient au courant (et à jour !) et sait donc à peu près tout sur tout, y compris dans des domaines très éloignés de son champ de compétences, il possède en outre (ce qui est loin d’être le cas de tous les savants et intellectuels) des qualités pédagogiques hors-norme qui ont fait de lui un divulgateur scientifique de premier ordre, aussi bien dans la presse écrite qu’à la télévision ou à la radio (son programme battait tous les records d’audience !), à plusieurs reprises célébré par des prix aussi prestigieux que le prix Avui de Journalisme (1991), le prix Ciutat de Barcelona de la Science (1992) et le prix Europe d’Essai scientifique (2004).

Auteur d’un bon nombre d’ouvrages, il en a publié un  dont le titre (curieusement très proche de ma petite chanson humoristique, Bière ou divan, qu’il ne connaissait pourtant pas) est : Pilules ou Freud. Remèdes pour les malaises de l’âme, paru à Barcelone en 2011 aux éditions Columna. C’est un des chapitres de ce livre, que j’aime particulièrement, que je me suis décidé à traduire pour le lecteur français, tout en avouant d’emblée que, malgré tous mes efforts, je suis loin d’avoir réussi à donner à cette traduction la qualité littéraire de l’original, qui est la marque de fabrique et fait la réputation du personnage. Je vous présente par avance mes plus plates excuses…

 

LIRE LE CHAPITRE


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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 13:43

drapeau_francais.gif Une de mes collègues du KOllectif du 7 janvier a très bien résumé, de façon graphique, l'état de l'autisme en France.

etat des lieux

 

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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 06:43

drapeau_francais.gif  Le 6 avril 2013 s'est tenu à Paris le premier colloque de psychologie et psychiatrie fondées sur des preuves organisé par Franck Ramus et Tiziana Zalla (Institut d’Etude de la Cognition, Ecole Normale Supérieure). 

Présentation du colloque: 

En France, une partie de la psychiatrie et de la psychologie restent encore isolées

1) des progrès considérables des connaissances accumulés ces dernières décennies grâce aux sciences cognitives et aux neurosciences

2) des meilleures pratiques cliniques développées au niveau international

3) de la culture de l’évaluation des traitements et des pratiques indispensable à leur amélioration.

Si la psychiatrie biologique et pharmacologique de l’adulte échappe largement à cette critique, la pédopsychiatrie et le champ des psychothérapies souffrent d’un grand retard qui se rattrape d’autant plus difficilement que la formation universitaire des psychiatres et des psychologues reste très lacunaire dans ces domaines.

Ce colloque a donc pour objectif de faire connaître les principes de la médecine fondée sur des preuves, l’apport des sciences cognitives et de l’approche scientifique de l’être humain, et leur indispensable application à la psychiatrie et la psychologie.

Les vidéos du colloque sont maintenant en ligne:

« Les limites de la psychologie et de la psychiatrie fondées sur des croyances. »
Franck Ramus
, directeur de recherches au CNRS, Institut d’Etude de la Cognition, ENS

« Histoire et évolution de la psychologie et de la psychiatrie fondée sur des preuves. »
Jérome Sackur
, maître de conférences, Institut d’Etude de la Cognition, ENS et Simon Lambrey, psychiatre, psychothérapeute, docteur en sciences cognitives

« L'évaluation des psychothérapies : fondamentaux, résultats, et futur ».
Jean Cottraux
, psychiatre honoraire des Hôpitaux, chargé de cours à l'Université Lyon1

« Interventions fondées sur les preuves dans le domaine de l'autisme » 
Bernadette Rogé
, professeur de psychologie à l'Université Toulouse 2 le Mirail, membre senior de l'Institut Universitaire de France

« Le point de vue des usagers » 
Danièle Langloys
, présidente d’Autisme France

« Faits et légendes des thérapies comportementales et cognitives »
Jacques van Rillaer
, professeur émérite de psychologie, Université de Louvain-la-Neuve

« Prise en charge des troubles mentaux de l’adulte fondée sur des preuves »
Philippe Domenech
, psychiatre, docteur en neurosciences cognitives, Institut d’Etude de la Cognition, ENS

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 13:24

drapeau_francais.gif  Prescrire est une revue excellente. Elle s’est distinguée par son objectivité, son impartialité et son indépendance dans un grand nombre de débats (et de scandales) récents liées aux médicaments et, en général, à des questions de santé publique. L’affaire tristement célèbre du Médiateur en constitue un bon exemple.

 

Dans un monde dominé par l’appât du gain à tout prix (y compris celui de notre santé), contaminé par des conflits d’intérêt constants chez les experts et les décideurs de tout bord, rongé par la corruption (active et passive) à tous les niveaux, une telle revue représente un îlot de résistance, une source d’information fiable, un éclairage indispensable, bref : une véritable entreprise de salubrité publique qu’il faut préserver et défendre à tout prix.

À force de sérieux, d’objectivité, d’impartialité et d’indépendance (oui, je sais, je me répète…), elle s’est construit une solide réputation, a su gagner le respect de tous et est devenue une authentique référence en la matière.

Ce statut, très amplement mérité, confère, en contrepartie, une lourde responsabilité : celle de ne jamais faillir, de ne commettre le moindre faux pas. Où, si cela venait, par malheur, à se produire (« l’erreur est humaine ; s’entêter est diabolique » disaient déjà les Romains), l’obligation de rendre public un démenti, un rectificatif, une mise au point, voire de battre un sincère mea culpa. Faute de quoi, elle perdrait ce statut privilégié.

Et, comme souvent, c’est dans le domaine « psy » que le faux pas s’est produit. C’est un terrain tellement empreint encore (hélas) d’idéologie -là où la rigueur, l’objectivité, devraient être tout autant de mise que dans les autres domaines du savoir-, que même les honnêtes gens peuvent être victimes, à leur insu (oserai-je dire : « inconsciemment » ?), de préjugés ancestraux qui, justement à cause de leur longue tradition, ne sont plus identifiés comme tels et sont véhiculés par la culture ambiante comme des certitudes intouchables, comme des acquis non questionnables. Ce qui, avouons-le, est plus qu’inattendu d’une revue dont la phrase mise constamment en exergue est : « Le danger, ce n'est pas ce qu'on ignore ; c'est ce que l'on tient pour certain et qui ne l'est pas ».   

Je suis en train de parler de la position que la revue Prescrire a prise, dans son n° d’avril 2013, à propos du guide contenant les recommandations de la HAS à propos de l’autisme. La voici in extenso. Et en voici le coeur : « Ce guide privilégie les méthodes cognitivo-comportementales, et écarte les autres approches sans argument solide. Ce choix exclusif est non ou mal étayé. »

Aussitôt publié, cet article fut repris en boucle (voir, par exemple, l'usage qu'en fait le "Collectif des 39 contre la nuit sécuritaire, ou encore l'article d'Eric Favereau dans Libé) comme argument d’autorité (en vertu de ce statut particulier auquel la revue est parvenue) par tous les opposants aux recommandations de la HAS (et du 3èmeplan autisme qui en a découlé), en clair, pour ne pas les nommer, les pédo-psychiatres de la mouvance psychanalytique, encore largement dominante (quoi qu’ils s’en défendent) dans notre France du XXIème siècle. Le positionnement de Prescrire leur sert de caution inattaquable, d’argument massue, d’onction divine.

 

Or, pour une fois, la revue a (même de bonne foi) failli.

Dans ce contexte, Frank Ramus, Directeur de Recherche au CNRS, s’est senti obligé de leur envoyer une première lettre. Puis, pas satisfait de la réponse qu’il avait reçue, il persiste avec une nouvelle lettre, à mon sens tellement contondante, que les gens de la revue, de bonne foi comme je les considère, doivent se trouver drôlement embarrassés. À tel point qu’à ce jour, ils n’y ont point répondu (ce qui est une forme de réponse, voire d’aveu). Je ne manquerai pas de vous faire connaître la suite de cette affaire, si suite il y a. 

Car, comment va désormais se positionner la revue Prescrire ? Va-t-elle continuer à largement ignorer la psychiatrie ? Va-t-elle être complice des mandarins en poste et les aider (ne serait-ce que par le silence) à perpétuer leurs idées, leurs pratiques et leur pouvoir, en dépit de toutes les données qui s’accumulent au niveau international ? Au risque de perdre progressivement toute crédibilité ? Ou bien va-t-elle se positionner à l’avant-garde du renouveau de la psychiatrie française, en tournant définitivement la page des approches non scientifiques et non évaluées, en devenant le moteur national de l’exigence de preuves en psychiatrie comme dans les autres spécialités. L’article sur l’autisme a donné un mauvais signal. Si la revue souhaite rectifier le tir, outre la publication d’un rectificatif, je ne saurais trop lui conseiller de s’entourer de quelques psychiatres fiables qui sauront la guider dans cette voie, semée d’embûches, mais indispensable.

____________________________________

Suite à des nombreux courriels envoyés à la revue, elle a réagi plutôt favorablement. Voici la réponse à l'un de ces courriels:

Paris, le 8 juillet 2013 

Bonjour monsieur,

La Rédaction de Prescrire  a bien reçu votre courriel du 09 juin 2013, réagissant au texte  publié dans le n° 354, à propos d’une analyse du guide de la HAS sur les interventions éducatives et thérapeutiques à mettre en place chez les enfants et les adolescents atteints d’autisme.  

 

Divers courriels, dont le vôtre, que nous avons reçus à propos de ce texte, ont  fait l’objet d’une discussion lors d’une réunion de Rédaction. Ils nous incitent à revenir sur ce sujet dans un prochain texte avec des éléments de réponse plus précis dès que notre charge de travail, dépendant en premier lieu de l’impératif des Productions Prescrire, nous le permettra.

 

Merci de l’intérêt porté à Prescrire.

                             

Cordialement

 

     Anne AMERICH

     Membre de la Rédaction

     Correspondance avec les abonnés

  

Dont acte. Attendons la suite...

_______________________________________

Et la suite est arrivée. La voici. A en croire Prescrire, la HAS s'y est mal prise. Ben voyons!


  

Paris, le 28 novembre 2013  

Monsieur,

Pour répondre sur le fond à votre interpellation à propos du texte "Autisme chez les enfants : un faux consensus" paru dans le numéro 354 de Prescrire page 305, il nous paraît utile de rappeler les objectifs et la méthode utilisée pour nos analyses de certaines productions de la Haute autorité de santé, dont le résultat est présenté dans la rubrique "Au crible" (1).  

 

Au crible : pour repérer les guides utiles aux soins. L’intérêt d’un guide de pratique clinique pour les patients et les soignants, quand il est de bonne qualité, est d’avoir fait le travail d'analyse et de mise en évidence des niveaux de preuves, sans que les soignants aient à refaire eux-mêmes la synthèse des données.

Mais, comme l’ont mis en évidence les résultats d’une étude étatsunienne, et comme nous le constatons aussi depuis que nous effectuons ces analyses, de nombreux guides, de toutes origines, ne sont pas élaborés de manière fiable (2,3).

Depuis 2007, dans la rubrique "Au crible", Prescrire analyse des guides de la Haute autorité de santé (HAS) visant à améliorer les pratiques. Il s’agit de distinguer les guides de qualité des guides dont la méthodologie est insuffisante. Les guides utiles sont ceux qui répondent à des critères de qualité reconnus et qui examinent, puis discutent de façon pertinente, la balance bénéfices-risques des interventions recommandées et leur applicabilité (4à6). Au cours de cette analyse, nous repérons parfois des recommandations singulières dont la balance bénéfices-risques est défavorable.

 

Une analyse méthodique. Prescrire ne passe au crible que les guides "complets" qui contiennent un document "Argumentaire", des "Recommandations" et une "Synthèse des Recommandations". Notre analyse porte sur ces 3 documents.

Nous analysons ces guides d'une manière méthodique à l’aide d'une grille de lecture critique systématique dérivée de la "Grille d’évaluation de la qualité des Recommandations pour la pratique clinique" reconnue internationalement, y compris par la HAS, dite grille Agree (de l’anglais Appraisal of guidelines for research and evaluation instrument). Cette démarche nous conduit à analyser : l’objectif global du guide ; les questions cliniques abordées ; les  groupes de patients cibles ; la participation des groupes concernés ;la recherche et la synthèse des preuves scientifiques ; l’actualisation ;la méthode définie pour formuler les recommandations ; la clarté et la présentation ; l’applicabilité en termes d’organisation, de changement d’attitude et de coûts ; ainsi que l’indépendance et l’identification de possibles conflits d’intérêts.

Chaque étape de notre démarche, de l’analyse au projet rédactionnel, est collective.

 

Analyse la qualité du guide HAS, et non de la prise en charge de l’autisme. Dans la rubrique "Au crible", nous nous prononçons sur la qualité méthodologique du guide de pratique clinique de la HAS analysé. Notre objectif est d’informer les abonnés sur l’intérêt de s’y référer ou pas. Nous ne prétendons pas avoir réalisé une synthèse sur la prise en charge de l’autisme chez les enfants. Faute de ce travail de fond, Prescrire ne prend position ni pour ni contre telle ou telle méthode de prise en charge. Nous proposons aux abonnés une analyse méthodique visant à leur conseiller ou déconseiller de prendre le temps de lire le guide analysé, en fondant notre conclusion sur l’analyse de sa méthode d’élaboration.

Si nous avions réalisé une synthèse des données d’évaluation des prises en charge de l’autisme et cherché à cerner leur balance bénéfices-risques, nous l’aurions publiée dans la rubrique "Stratégie", comme nous l’avons fait pour l’évaluation du dépistage du cancer du sein, à laquelle vous faîtes référence.

 

L'analyse de Prescrire du guide autisme chez les enfants et les adolescents. Notre évaluation de ce guide a conduit à un jugement positif pour la définition de l’objectif et des patients concernés, mais pas pour les autres éléments analysés.

L'analyse documentaire a conduit la HAS à retenir 512 références. Ces publications internationales sont extrêmement différentes, nuancées voire contradictoires. Cela n’a rien d’étonnant pour un trouble aussi complexe et polymorphe qu'est l'autisme. Un grand nombre d'entre elles sont présentées dans l'"Argumentaire" de 471 pages. Selon ce riche document, les données d’évaluation ne permettent pas de mettre en avant un type de prise en charge plus qu’un autre. Les pratiques sont multiples ; leur évaluation est de faible niveau de preuves (7).

Aussi avons-nous été étonnés de ne pas retrouver cette grande diversité de points de vue et de pratiques, dans le document "Recommandations" (de 60 pages) qui est rédigé avec peu de nuances, et ne laisse guère de place aux incertitudes (8). Cela explique probablement en partie l'absence d'accord au sein des groupes et le refus de nombreux participants d’endosser tout ou partie des recommandations. Ce choix n’aide pas les professionnels non spécialistes, peu informés des incertitudes, des contradictions, voire des conflits, qui existent au sein même des groupes de professionnels spécialisés dans les soins aux enfants autistes.

 

En pratique : Prescrire déconseille la lecture du guide, et non un type de prise en charge. En toute rigueur intellectuelle, en toute transparence, ce guide de la HAS aurait dû présenter les différentes options de soins aux enfants autistes. À partir des données de l’"Argumentaire", le document court "Recommandations" aurait dû comporter une information objective sur les différentes possibilités de traitements, sur leurs limites, sur le niveau de preuves souvent très faible, de leur évaluation, sur les incertitudes souvent importantes qui entourent leur balance bénéfices-risques.

Il n’est pas recevable qu’un guide labellisé par la HAS ne retienne qu'une seule approche thérapeutique, sans mention d'une ou de plusieurs autres, et présente comme solides des propositions thérapeutiques qui ne le sont pas.

Prescrire n'a pas de parti pris. En revanche, Prescrire a des méthodes de travail transparentes et pour objectif d’aider les soignants dans leur pratique en leur fournissant des éléments pour se faire aussi un avis sur certains guides de pratiques cliniques.

Votre courrier, suivi de notre réponse, a été publié dans le numéro 362 dePrescrire.

Cordialement,

                    

Cécile POILPRÉ

Responsable de la rubrique Prescrire en Questions

 

Références

1- Prescrire Rédaction "Autisme chez les enfants et les adolescents : un faux consensus" Rev Prescrire 2013 ; 33 (354) : 305.

2- Prescrire Rédaction "Trop de guides peu fiables" Rev Prescrire 2013 ; 33(353) : 215.

3- Prescrire Rédaction "Le point après 2 ans d’analyse des guides de pratique clinique de la Haute autorité de santé" Rev Prescrire 2010 ; 30 (322) : 614-615.

4- Prescrire Rédaction "Guides de pratique clinique : faire le tri, et savoir jeter"Rev Prescrire 2007 ; 27 (282) : 304.

5- Prescrire Rédaction "Les guides de pratique clinique examinés et triés par la revue Prescrire" Rev Prescrire 2007 ; 27 (282) : 305-306.

6- Prescrire Rédaction "Juger les guides de la HAS dans leur globalité" Rev Prescrire 2008 ; 28 (299) : 706.

7- Haute autorité de santé "Autisme et autres troubles envahissants du comportement : interventions éducatives et thérapeutiques coordonnées chez l’enfant et l’adolescent. Argumentaire scientifique" Mars 2012 : 471 pages.

 

8- Haute autorité de santé "Autisme et autres troubles envahissants du comportement : interventions éducatives et thérapeutiques coordonnées chez l’enfant et l’adolescent. Recommandations" Mars 2012 : 60 pages.

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 07:33

drapeau_francais.gif  Voici la livraison d’été (aujourd’hui c’est le 21 juin !) des aphorismes, afin qu’ils vous accompagnent pendant vos vacances.

En principe, depuis mon départ à la retraite, j’étais censé n’alimenter mon blog qu’avec cela. Mais, comme vous avez pu le constater, l’actualité en a décidé autrement et, d’une part, je ne voulais pas déserter « le combat » et abandonner « la cause »; d’autre part, j’avoue que  je n’ai pas su résister…

Et je crains que, hélas, ce soit loin d’être fini !!!

Mais pour l’heure, voici la suite n° 9 des aphorismes, pensées, citations…

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 14:59

drapeau_francais.gif  Dans Le Nouvel Observateur n°2535 du 6 au 12 juin 2013, et sous la plume de Marie-Hélène Martin, un très drôle papier dont je me permets de citer quelques extraits.

"Des décennies à supporter les maux de l'esprit, voilà que le divan de Freud part en quenouille. (...) Pour l'anniversaire de la naissance de l'homme à la barbe, le musée, désargenté, a fait appel aux donnations afin de restaurer le célèbre icône. Cout estimé: 5000 £. Avec les années, le matelas s'affaise, les fils s'usent. Comme la psychanalyse, diront ses contempteurs."

Pour plus de détails, voir également ce qu'en dit Le Figaro ICI:

 

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